Vendredi, après-midi, j’ai inauguré à Chambly, les travaux d’agrandissement de la maison de retraite,Louise-Michel. Alors, qu’on nous rabat les oreilles, avec l’année Alzheimer, il faut savoir, que cela fait, deux ans que je me bats contre l’état pour que ce projet se réalise. C’est chose faite.
La capacité d’accueil de la maison de retraite passera de 51 lits à 81 chambres individuelles et une unité de 13 lits pour les malades d’Alzheimer, verra le jour.
Ce combat absurde pour obtenir, des équipements indispensables, illustre bien le décalage entre les grandes promesses, les Grenelles de tout et de rien et la réalité.
Voici le discours prononcé, lors de la pose de la première pierre :
En quelques années, nous sommes passés du terme d’« anciens », puis « seniors », à celui très récent d’« ainés ».J’en retiens une chose : C’est que la société, avec bien des difficultés, en revoyant son vocabulaire, a également accompli, durant la dernière décennie, un début de changement de regard sur les personnes les plus âgées.
D’ici 2015, le nombre de personnes de plus de 85 ans atteindra 2 millions. À partir de 2025, l’arrivée au grand âge des générations issues du baby-boom, donnera une dimension encore plus importante à la question de leur prise en charge. Or, les quatre risques couverts par la sécurité sociale : maladie, accidents du travail, famille et vieillesse, n’ont pas été conçus pour apporter une réponse adaptée à ce défi. Rien ne prévoit les problèmes engendrés par la perte d’autonomie.
Mais me direz vous, il y a le plan Alzheimer !
Sans doute, le plan Alzheimer 2008-2012, est un plan de bonne volonté. Mais, c’est un plan sans le sou ! Le gouvernement a voulu financer une partie de cette lutte par les franchises médicales. Pourtant chacun sait, que celles-ci sont à la fois insuffisantes, en termes budgétaires, et profondément perverses en termes de santé. Les personnes âgées étant les principales consommatrices de soins, ce sont elles, qui seront essentiellement mises à contribution, à travers les franchises médicales, pour financer le plan de lutte contre la maladie d’Alzheimer. » Ce sont donc les ainés qui payent pour eux-mêmes, en terme de solidarité, il y a mieux !
Aujourd’hui, près d’un million de personnes, malades d’Alzheimer et deux à trois millions d’aidants familiaux, sont confrontés jour après jour, année après année, aux difficultés de la maladie et à ses terribles ravages.
L’impatience est grande, l’espoir est immense. La déception serait rude pour les malades et les familles de ne pas trouver dans le nouveau plan les réponses à leurs attentes.
Après le flop de l’instauration de la journée de solidarité pour les personnes dépendantes, le fameux « lundi de Pentecôte », et les franchises médicales, censées rapporter 850 millions d’euros par an, pour la lutte contre le cancer et la maladie d’Alzheimer, ainsi qu’à développer les soins palliatifs, nous ne pouvons que constater que ce type d’établissement soit toujours sous doté ? Il y a donc un problème !
Il faut absolument que les personnes âgées en établissement payent moins cher. C’est une des grandes lacunes françaises en matière d’autonomie. À l’heure actuelle, 60% des dépenses d’un établissement pour personnes âgées sont payées par la personne et sa famille. Alors que seul 1 % du coût de fonctionnement d’un hôpital est payé par le patient.
Socialiser la dépense, voilà le défi que doit relever une politique publique ambitieuse pour l’autonomie des seniors.
Et alors que certains donne des leçons de responsabilité aux familles, pas assez impliquées, selon elles, dans l’accompagnement des seniors, on note que ce sont bien elles qui fournissent un effort financier et humain considérable, palliant en partie les carences de l’État.
Aujourd’hui, les familles s’épuisent soit physiquement, si leurs aînés restent à domicile, soit financièrement, quand ils sont en établissement. Il ne s’agit donc pas de développer une solidarité familiale, mais bien une solidarité nationale.
Voilà pourquoi nous n’échappons pas à un grand service public pour les retraités pauvres comme d’ailleurs pour la petite enfance. Mais, peut-être suis-je archaïque en vantant les mérites du service public.
Oui, Monsieur le député, me direz-vous, mais, nous n’avons pas les moyens, il y’ a la crise !
Pour les moyens, à trouver, cela m’entraînerait loin et certains, sans doute à tort, me trouveraient partisan.
Mais, pour la crise, permettez-moi de vous dire qu’elle a bon dos. Cette pensée unique et obsessionnelle de la crise, traduit surtout la crise de la pensée !
Je vous propose de retrouver un projet collectif avec une double clé : l’égalité et le progrès, et cette première pierre peut en être le symbole.
Permettez-moi de vous faire partager 2 idées :
-Le progrès, c’est d’abord, comment vivre mieux et plus longtemps sans altérer les possibilités des générations successives.
-L’égalité, c’est comme disait Léon Bourgeois : « ce qui donne de la force au contrat, que chaque génération ajoute à l’héritage de l’âge précédent ».
L’objectif que l’on doit atteindre par une politique publique, c’est l’accompagnement de chacun dans sa vie en lui offrant de sa naissance à sa mort, les moyens de sa promotion, de sa participation au projet collectif et de son émancipation.

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